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 Le Journal de Louis Rossignol 2

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Mage suprême
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MessageSujet: Le Journal de Louis Rossignol 2   Dim 23 Déc - 3:33

VENDREDI 8 AOÛT
Ce matin, j'ai été réveillé par un petit bruit au volet, un petit toc répétitif. Je pensais d'abord à un oiseau, mais les piverts ne s'attaquent pas aux volets. J'ouvrais la fenêtre. Elle était là ou plutôt, il y en avait une, une fée. Elle me dit de m'habiller et de la suivre. Il était tôt, cinq heures environ. J'enfilais rapidement mes vêtements et je descendais. J'avais toujours le porte-bonheur sur moi, et il me semblait, ces derniers temps, moins sentir mes vieilles douleurs. Il faisait encore nuit et c'était presque amusant de suivre cette flamêche bleue dans la nuit. Nous suivîmes la route un moment puis nous prîmes un sentier qui s'enfonçait dans les bois. Jusque là, j'arrivais encore à imaginer où nous nous trouvions : forêt des Bruges, premier chemin, bifurcation à gauche. Et après je ne sais plus. Un chemin, un sentier, une clairière, à nouveau le bois pour finir au pied d'un vieux chêne. Les fées étaient toutes là (du moins, c'est ce que je croyais).Elles couraient sur les mousses et voletaient de l'une à l'autre.



"Le mortel, le mortel" criaient-elles. Cette nuée de loupiottes bleues me ravissait. L'un d'elle sortit du rang. "Sais-tu mortel que tu as mis la colonie en émois. Nous t'observons depuis plusieurs jours et nous savons que tu as tenu parole. L'envie est souvent si forte pour un mortel de parler... Tu as bien fait de tenir ta langue. Si tu avais parlé, les jours qui auraient suivi, tu aurais commencé à perdre la raison puis tu aurais fini fou. Ils sont nombreux dans les hopitaux pour déséquilibrés à avoir croisé notre chemin. Si l'intention t'en prends un jour, réfléchis bien.

Nous traversâmes d'autres bois, je reconnus quelques endroits où je venais chaque année ramasser du muguet. Je connaissais bien cette forêt, mais là j'étais perdu. Je n'avais aucune idée de l'endroit où elles voulaient m'emmener. Mais la curiosité était trop forte. J'avais confiance. Mais peut-être avais-je tort.

Nous finîmes par arriver dans une petite clairière au milieu d'une forêt de hauts sapins. Le sol était recouvert d'épines. Et là, où rien ne survit sauf quelques pauvres champignons, se trouvait une petite mare (je dis mare, mais il y avait très peu d'eau). Il y poussait toutes sortes de plantes assez rares dans cette région. C'était comme une oasis au milieu des bois.
Toutes les fées étaient réunies autour. Elles n'étaient pas là pour moi évidemment. Non elles étaient là pour quelquechose de précis et semble t-il important. Elles avaient l'air d'attendre un événement particulier. Elles parlaient et chantonnaient. Elles bourdonnaient tel un essaim d'abeilles.
Le jour n'allait pas tarder à se lever.
Quand elles me virent, elle s'approchèrent et m'entourèrent. J'étais irradié de leur lueur bleutée. Leurs petites ailes me frolaient le visage.
Soudain une première trouée de lumière traversa les arbres. A partir de ce moment-là, je n'éxistais plus. Toutes les fées s'envolèrent vers cette lumière et entamèrent une drôle de danse. Les rayons du soleil semblaient glisser sur elle comme l'eau d'une cascade. Et puis la lumière devint plus violente et je dus fermer les yeux. Lorsque je les rouvrais, la plupart des fées avaient disparu. On m'expliqua après, qu'elles étaient reparties en faérie, pays des fées. Il semble que les premiers rayons du soleil, dans certains endroits, servent de porte pour accéder au royaume des fées. Je me demandais, pourquoi moi, simple mortel, on m'avait permis d'assister à ce spectacle miraculeux.
Je restais là de nombreuses minutes à regarder les dernières fées qui disparaissaient dans les bois. Ma rêverie se prolongea un moment, mais une fée vint me tirer de cet état et me parla.
"Tu dois te demander pourquoi nous te montrons tout cela. Sache qu'autrefois, tu as bien agis pour les fées, et les fées t'en sont redevables."
Je m'étonnais et me demandais bien de quoi elles voulaient parler. Je sentais bien cependant que je ne pourrais avoir plus d'informations cette fois-ci.
J'osais demander son nom à la fée qui me faisait l'honneur de m'adresser la parole. Elle s'approcha de mon oreille et murmura "Maerope". Puis elle commença à me raconter tout un tas de choses. Certaines étaient claires, d'autres pas. Je comprenais qu'elle me parlait de sa vie, mais j'étais incapable de donner un sens à ce qu'elle disait. Cela me procura une douce sensation dans l'oreille qui finit par envahir tout mon corps et je m'endormais.
Quand je repris mes esprits, toutes les fées avaient disparu.
Je rentrais chez moi machinalement, sans trop savoir comment. Le chemin du retour était comme inscrit dans ma tête. Je fus à la maison en très peu de temps, contrairement à l'aller qui m'avait semblé durer des heures.

Quand j'arrivais, j'étais très fatigué. Il était environ onze heure du matin et ma sœur me tomba dessus dès que je franchis le pas de la porte. Tout le monde s'était inquiété de mon absence. Ma sœur me traita de fou, elle me dit que les gens du village avaient raison. Je lui répondais que je me fichais des gens du village. "Ou étais-je passé, qu'avais-je fait ?", les questions fusaient. Elle me dit même que si je n'avais pas eu mon âge, elle aurait pu croire à une aventure sentimentale. Ma sœur est folle. Je n'essayais pas de me justifier et dit simplement que je m'étais réveillé tôt et comme je n'arrivais pas à me rendormir, j'étais sorti. Ma sœur à qui ils n'arrivait plus rien depuis longtemps m'en voulait beaucoup de lui cacher des choses. Au déjeuner, j'eus droit à de nombreux sous-entendus. Son mari dans ses cas là se faisait tout petit et disparaissait soit dans une autre pièce, soit derrière son journal, ou même derrière sa femme. Cela énervait beaucoup cette dernière qui se demandait souvent où se trouvait son bougre de mari, alors qu'il était simplement derrière elle. Je finissais le repas rapidement et grimpais à l'étage, dans ma chambre, les laissant seuls tous les deux. Je rédigeais les lignes qui précèdent.
Quand je redescendais l'après-midi, ils s'étaient calmés. Le mari de ma sœur me parla un peu. Il me supplia d'être un peu plus aimable avec sa femme, parce qu'après, c'est lui qui devait la supporter. Je lui promis de faire de mon mieux, tout en sachant, que cela ne suffirait pas.
J'étais assis dans un fauteuil quand il me prit soudain l'envie de dessiner. Cela n'avait aucun sens : : un scarabée, ou plus précisément une lucane, une grenouille, une feuille, et un visage. Le tout parcouru de lignes et de points.



Qu'est-ce-que cela signifiait ? D'où sortaient ces idées. Celà m'inquiétait. Les fées étaient sûrement pour quelquechose dans cette affaire. Ce dessin me hanta toute la soirée et je ne parlais plus. Une autre chose me préoccupait : qu'avaient-elles voulu dire par : autrefois tu as bien agi pour les fées. Je ne voyais absolument pas à quoi elles faisaient référence.

SAMEDI 9 AOÛT
Cette nuit, j'ai fait un rêve étrange. Je voyais un jeune enfant ramasser une fée par terre. Cela me réveilla et je gardais les yeux ouverts un moment. Tout cela commençait sérieusement à me perturber.
Je me suis levé épuisé. Je vois ma sœur de plus en plus inquiète. J'ai fait la sieste et je me suis réveillé pour le dîner. Tout le monde a été aux petits soins. Des voisins sont passés en fin de soirée pour prendre de mes nouvelles. Dieu sait ce que ma sœur a encore été raconter autour. En tous cas, ce soir, je me sens mieux. Je suis remonté dans ma chambre et j'ai refait un drôle de dessin.



Je me suis arrêté en route, mais où m'aurait-il emmené celui-ci. Il y a une fée, un arbre , les point A, B, C et un début de scarabée.

DIMANCHE 10 AOUT
A quatorze heures, après le déjeuner, j'ai annoncé que je devais, cet après-midi me rendre aux Roches de Mazuras. Ma sœur et son mari m'on regardé éberlués, chacun se demandant sûrement ce que je pouvais bien vouloir aller faire la-bas. Moi-même, je me le demandais, car je n'avais aucune raison. J'avais juste un besoin impérieux. Ma sœur me rappela avec une certaine ironie que cela se trouvait à une quinzaine de kilomètres, chose que je savais. J'avais même décidé de lui emprunter son vélo. "A ton âge, tu auras l'air malin sur ton vélo. Dès la sortie du village, on n'aura plus qu'à te ramener sur une civière." Au fond elle n'avait pas tort, mais je me sentais en pleine forme et il fallait que j'y aille. Je partais sur le champ. En façade, ma sœur souriait mais je savais qu'elle était vraiment inquiète. Le chemin ne me paru ni long, ni difficile et j'en fus le premier étonné. J'attribuais ma vitalité au pendentif que j'avais eu la bonne idée d'enfiler hier.
Arrivé sur les hauteurs de Mazuras, le temps s'annonçait menaçant, mais je savais que l'orage ne serait pas pour ce soir. A l'entrée du chemin, passé la petite chapelle et l'ancien cimetierre, je descendais de vélo et décidais de finir à pied. Les roches de Mazuras constituent un promontoir duquel on peut voir tous les environs. Cet endroit possède un charme très étrange, presque mystique, et ce déjà bien avant les débuts de cette histoire. Arrivé au bas des roches, je déposais ma bicyclette et finissais de grimper à pied. En haut, évidemment, Maerope m'attendait.
"Te voila enfin. J'avis peur que tu n'entendes pas mon appel. Comment te sens-tu ?"
Je lui répondais que tout allait bien mais que je commençais à avoir de drôles d'images dans la tête. Je lui parlais des dessins et elle me répondit simplement que c'étaient les connaissances qui entraient en moi. Elle me demanda si j'avais rêvé et je lui répondis que oui. Je lui racontais le rêve avec l'enfant et la fée.
"Enfin tu te souviens."
Je ne voyais pas ce qu'elle voulait dire.
"Quand tu étais enfant, ne te souviens-tu pas d'avoir empêché le chat de la maison de dévorer une fée ?"
L'épisode qu'elle me remémorait m'avait marqué, mais il ne s'agissait pas d'une fée.
Dans la maison où j'avais passé mon enfance, il y avait un chat qui ramenait régulièrement des souris et des oiseaux morts. On l'avait surnommé Lucifer. Je me souvenais en particulier d'une fois où j'avais entendu des petits cris et des miaulements. J'étais sorti de la maison et j'avais surpris Lucifer avec un oiseau dans la bouche. J'avais du lui courir après pour l'empêcher de dévorer le pauvre volatile. Il avait failli m'échapper, mais je m'étais jeté sur lui juste avant qu'il ne sorte du jardin. J'étais revenu le pantalon déchiré, mais l'oiseau était sauf.
"Es tu certain qu'il s'agissait d'un oiseau ?"
"Bien sûr qu'il s'agissait d'un oiseau. Que veux tu que ce fut d'autre ?"
"Réfléchis. Ferme les yeux et repense à ce moment." me dit-elle.
Les images étaient floues. Je voyais Lucifer avec son oiseau. Je me voyais enfant, l'oiseau dans les mains. Je me voyais le poser sur le sol et je le voyais s'envoler.
Maintenant que j'y pense, cet oiseau ressemblait plus à une libellule qu'à un oiseau. Enfin, ce n'était pas non plus une libellule.
"C'était une fée." dit Maerope.
La conversation dura un petit moment et elle finit par me convaincre.
Maintenant, je voyais Lucifer avec une fée dans la bouche.



Elle m'expliqua que cette fée avait substitué dans mon esprit, son image à celle d'un oiseau.
"Pourrais-tu m'expliquer pourquoi je suis là et pourquoi tu me racontes tout cela ?"
"Tu es là parce que la fin est proche."
Que voulait-elle dire ?
"Je vais mourir?"
"Je suis ici pour assouvir ton désir de connaissances."
"Répons-moi, je vais mourir ? Je suis vieux, je peux l'accepter."
"Non, ce n'est pas celà. Approche-toi."
De nouveau, elle me parla dans l'oreille. Elle me racontait tout sur les fées et j'écoutais émerveillé. Le ciel n'existait plus. Le sol n'existait plus. Il n'y avait plus rien autour. J'étais fasciné et je voulais tout mémoriser pour tout écrire.
Et puis à nouveau, je me réveillais seul au pied des rochers. J'avais du mal à respirer et une curieuse douleur dans le bras gauche. J'avais sûrement du m'endormir dessus.
Plus de fée. Le ciel était noir, c'était la nuit.
A cette heure, l'endroit était encore plus étrange. La lune éclairait les pierres blanches rassemblées sour le bois de sapin à l'entrée du chemin. Je passais devant, mon vélo à mes côtés. Ces pierres m'évoquaient des rites paiens, proches de la sorcellerie. Ces pierres avaient-elles un histoire. Je hatais le pas.
Le cimetierre et la chapelle près de la route prenaient un sapect lugubre et j'avais hate d'être rentré.
Le chemin du retour fut difficile. Heureusement, la lune éclairait la route.
J'arrivais épuisé.
Ma sœur et son mari étaient heureux de voir que je n'étais pas mort. Mais leur regard n'avait rien pour me rassurer sur mon état physique.
Tout ce qu'ils trouvèrent à dire c'est "ça va ?"
Je répondis juste que j'étais fatigué et que préférais aller me coucher.
Ma sœur avait fait le ménage. Cela se voyait et je n'aimais pas ça.
Je sortais le journal du bureau et trouvais encore le courage de rédiger l'aventure de cette journée. Demain, je ferai un chapitre entièrement dédié à ce que m'a dit Maerope. J'espère ne rien oublier pendant la nuit.

LUNDI 11 AOÛT
Je viens de me lever. Je suis très fatigué. Je vais aller me laver.
Peut-être que cela ira mieux après.

ELLE A TOUT RACONTÉ.
Ma sœur a trouvé le journal. Elle a tout lu.
Ce matin je suis allé au village et quand je suis entré au café, quelqu'un m'a demandé des nouvelles de mes fées. Tout le monde a ri.
Je suis rentré au plus vite.
Elle m'a avoué qu'elle s'inquiétait alors elle est monté et a fouillé ma chambre pour voir ce que je pouvais y faire pendant toutes ces heures.
que va t-il se passer.
Je dois les prévenir..."

Ainsi se termine le journal.
Suivent, plusieurs pages après, quelques peintures, mais qui ont pu être faites avant les dernières lignes.
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lily
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MessageSujet: Re: Le Journal de Louis Rossignol 2   Dim 23 Déc - 13:40

Bonjour,

cette histoire est vraiment stupéfiante. Le journal existe bien et Louis Rossignol a disparu aprés avoir eu l'intention de prévenir les fées que sont secret avait été découvert.

ça pose beaucoup de questions. Qu'est-il arrivé à ce monsieur? Pourquoi ne l'a-t-on jamais retrouvé?

Je connaissais depuis longtemps l'histoire des fées de Cottingley, mais cette histoire là, je n'en avait jamais entendu parlé. Ce qui est étrange aussi, c'est que dans le cas de Cottingley, les fillettes ont parlé des fées à grand bruit, même dans la presse, et elles n'ont pas disparu. Elles sont mortes vielles dames des années aprés. Pourquoi donc Louis Rossignol a-t-il disparu? Je crois pour moi que c'est le plus grand mystère...

Lily
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