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 La Bête du Gévaudan

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Derek70
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MessageSujet: La Bête du Gévaudan   Jeu 1 Mai - 13:23

La bête du Gévaudan:


Entre juin 1764 et juin 1767, dans l'ancien Gévaudan, qui représente aujourd'hui la Lozère et une partie sud de l'Auvergne, un animal étrange, "inconnu sous nos latitudes", parait, attaque plus de deux cent cinquante personnes, et en tue plus de cent trente autres, semant la terreur sur son passage. Les coups de fusils ne semblent pas l'incommoder, pas plus que les coups de piques, et de fourche.

Les autorités, un moment sceptiques finissent par s'émouvoir, et une troupe de dragons, commandés par le capitaine Duhamel est envoyée en Gévaudan. Malgré les nombreuses battues, dont une, colossale, de plus de quarante-mille personnes, rabatteurs et tireurs, la plus grande jamais organisée au monde contre un animal sauvage, les massacres continuent. Echec à Duhamel.

Le Roi en appelle alors à Martin Denneval, grand chasseur de loups normand, au tableau de chasse impressionnant de mille deux cents loups tués. Au bout de quelques mois, de battues, de chasses, rien, les attaques continuent. Echec à Denneval, qui s'en retourne dans sa Normandie, dépité, désespéré.

Alors le Roi pique une grosse colère, parce que l'histoire de la Bête a dépassé les frontières, et voilà que les journaux anglais se fichent de la France allègrement. Du coup, Louis XIV, furieux, envoie son propre lieutenant des chasses, son porte-arquebuse, le sieur Antoine de Beauterne. Au début, Monsieur Antoine, comme on l'appelle, joue de malchance. Mais soudain, à l'approche de l'hiver, le voilà qui tue un loup énorme qu'il fait aussitôt reconnaitre comme "la Bête qui mangeait le monde", par des témoins. Mais les paysans n'y croient pas. En effet, le loup de de Beauterne a été tué à Sainte Marie des Chazes, bien loin du terrain de chasse habituel de la Bête. Un peu comme si un monstre sévissant à Paris depuis près de dix-huit mois venait se faire tuer à Versailles, où il n'avait auparavant jamais mis les pattes. Mais bon, le porte arquebuse de Sa Majesté avait parlé, la Bête était morte, il n'y avait plus rien à attendre de la Cour. Et la Bête, la vraie, continuera ses ravages jusqu'à ce matin du 19 juin 1767, où Jean Chastel l'abattra, d'un seul coup de fusil, à La Sogne d'Auvers. On dit que l'herbe ne repousse plus, là où la Bête est tombée. Les massacres cessent. Mais une question demeure. Qu'était-ce?



Un ou des loups? Non, les habitants du Gévaudan, les "Pantres", comme on les appelle, les connaissent bien, les loups, et pour cause, il n'était pas rare qu'un de ces voleurs de moutons qui rôdaient parfois autour des nombreux troupeaux, soient mis en fuite à grands coups de pierre, de bâton, voire même de sabots, et les survivants, ou les témoins de ces attaques sont formels, ce n'est pas un loup. Un ours? Non, la taille ne corresponds pas, et puis les attaques ont eu lieu toute l'année, hiver compris, or les ours hibernent. Une hyène? pas plus, là c'est la taille de la queue qui ne convient pas. En effet on a décrit la Bête avec une queue longue et fournie. Alors? Alors la zoologie moderne nous donne quelques explications, sinon des pistes. On a parlé de croisement d'ours et de louve, impossible génétiquement, tout autant que le croisement d'un lion et d'un loup. Mais il y a une possibilité de croisement, le chien et le loup. Pourquoi le chien? Pour sa faculté d'obéissance à l'homme, et ses aptitudes au dressage. Pourquoi le loup? Pour son instinct sauvage, sa forme. Je ne vais pas m'apesantir sur le comportement animalier, pour çà je vous conseille l'excellent livre de Michel Louis, "La Bête du Gévaudan, l'innocence des loups", chez Perrin.

Reste l'invulnérabilité de la Bête aux coups de fusil. Alors, d'accord, les fusils de l'époque n'avaient rien à voir avec ceux de maintenant. Mais il y avait autre chose. En effet, à plusieurs reprises, les chasseurs qui ont tiré sur la Bête, disaient que les balles semblaient glisser sur elle, comme sur une cuirasse. Et les témoins des attaques, ou les victimes rescapées, parlaient toutes d'une raie noire qui courait sur le dos de la Bête, du cou à la queue. Et il existe un animal qui porte cette raie noire caractéristique, en vénérie, l'art de la chasse, on l'appelle la bête rousse, c'est un sanglier agé de six mois à un an. Et il est bien facile de tanner la peau d'un sanglier, qui devient alors, une cuirasse efficace, pour peu qu'on l'attache sur le dos d'un animal dressé à tuer. Il faut savoir qu'à l'époque, les chiens de guerre étaient monnaie courante. C'étaient des molosses recouverts de cette fameuse cuirasse, et qu'on envoyait dans le camp ennemi. (Pour la petite histoire, l'Armée Rouge de Staline s'en servait encore, pendant la Seconde Guerre Mondiale, mais en modernisant le concept puisque des chiens étaient dressés à se jeter sous les chars allemands avec une mine sur le dos).



Et c'est là qu'intervient l'homme. En effet, il a fallu un homme pour dresser la Bête. Et il en a fallu un autre pour financer ce dressage. Le dresseur, on en est à peu près certain, il semble s'agir d'Antoine Chastel, oui, le fils de Jean, le vainqueur du monstre. Sauf qu'Antoine Chastel était un pauvre hère sans le sou, qui vivait en ermite, ou presque dans ses forets de la Tenazayre, où, troublante coincidence, la Bête se réfugiait régulièrement. Il fallait donc un autre homme, riche, celui là, pour financer le dressage. Et là, un nom revient, assez régulièrement aussi, le fils du Comte de Morangiès, Jean François, qui fit la honte de son père et de son nom. Jean François était un sale personnage, on le retrouve "vautré dans la crapule de Paris", amateur de chair fraiche, je ne vous fait pas un dessin.

Donc, selon moi, et cela n'engage que moi, Antoine Chastel et Jean François de Morangies, au moins, ont été les têtes pensantes de ce carnage qui dura trois longues années. Pourquoi? Dans quel but? Eux seuls le savaient. Mais il est indéniable que des hommes ont pris part aux massacres. A preuve, à plusieurs reprises, les victimes ont été retrouvées dévorées, certaines décapitées, mais le corsage soigneusement reboutonné, et la tête remise sur les épaules. On n'a jamais vu un loup, ou quelque bête sauvage, procéder de la sorte. Mais le débat fait encore rage entre les tenants du ou des loups, et les autres, et plus de deux siècles après, la Bête fait encore couler autant d'encre que ce qu'elle a fait couler de sang, sur les paysages grandioses des monts de la Margeride.

Derek
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MessageSujet: Re: La Bête du Gévaudan   Jeu 1 Mai - 20:24

Bonsoir Derek,

merci pour ce trés bon résumé des faits et pour ton analyse personnelle de cette histoire qui, comme tu le dis, fait encore couler beaucoup d'encre.

Il est évident, étant donné les fait, qu'un animal seul ne peut pas être l'auteur de ces meurtres et que l'intervention de l'homme y est pour quelque chose.

Circée
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Derek70
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MessageSujet: Précision(s)   Ven 2 Mai - 13:50

Je viens de m'apercevoir que j'ai fait une bourde monumentale, le Roi en question n'était pas Louis XIV, mais Louis XV. Dont acte, et mea culpa, mea maxima culpa...

Autre chose, Circée, sur ta remarque sur la présence des hommes dans cette affaire: en 1769, soit deux ans après la mort de la Bête de Chastel, une jeune fille rentre chez elle ensanglantée, déchirée, la gorge tranchée ou presque, et ses dernières paroles furent "C'est la Bête... C'est la Bête..."... Or à l'époque, il était notoire qu'un certain "Messire", fils d'une grande famille auvergnate, sévissait, assassinant moult personnes, recouvert d'une peau d'animal, et passait pour avoir consommé de la chair humaine, ce qui n'a pas été prouvé. Est-ce à dire que "Messire" aurait en son temps, pris une part plus ou moins directe aux meurtres attribués à la Bête? Et qui était-ce? Jean François de Morangies? J'en doute, attendu qu'il y a de çà quelques années, Alain Decaux, historien que l'on ne présente plus, prétends, et pourquoi en douter, avoir reçu après une de ses célèbres interventions à la télé, où il commentait un écrit par lui reçu et parlant de ce fameux "Messire", s'étonnant que l'on ne lui livrât pas de nom, reçut un courrier qui disait, en substans "Ce nom étant de l'actualité, il est peu recommandé de dire à certaines personnes haut placées qu'elles descendent de joyeux loups-garous amateurs de chair humaine.".

Et là, je ne peux m'empêcher de penser à quelqu'un de tres connu, jouant de l'accordéon, qui présida sept années durant aux destinées de ce beau pays de France... Mais ceci est une réflexion personnelle qui n'engage que moi et moi seul, je tiens à le préciser.

Sur ce, "Bon choix mesdames, bon choix mesdemoiselles, et bon choix messieurs...".

Derek
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